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Le 6e comité de pilotage (COPIL) du programme ECOFISH s’est tenu à Gaborone, au Botswana, le 15 mai. Il était présidé par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), en présence de M. Catalin Gherman, chef adjoint de la coopération à la délégation de l’Union européenne auprès de la République du Botswana, de Mme Alice N’Diaye, directrice au secrétariat général de la Commission de l’océan Indien (COI), et de représentants des communautés économiques régionales (CER) africaines.

Alors que le programme ECOFISH entre dans son dernier semestre, l’accent sera mis sur la consolidation, l’ancrage institutionnel et le transfert stratégique des différents plans de travail afin de garantir leur efficacité et leur durabilité au-delà de la fin du projet, le 12 septembre 2025.

Le COPIL du programme a examiné les résultats de ses cinq plans de travail et les mesures prises en réponse aux recommandations de la précédente session en 2024.

La réunion, qui a débuté le 13 mai, a démarré par deux jours d’échanges techniques approfondis autour des cinq plans de travail : les participants ont évalué les actions déjà menées, et celles à poursuivre pour mieux atteindre les objectifs du programme. La troisième journée a permis d’étudier les recommandations émises par le comité technique.

Dans son discours, M. Catalin Gherman, de la délégation de l’UE, a noté que des efforts accrus seraient nécessaires pour atteindre les objectifs du programme, notamment en renforçant la durabilité écologique, la gestion des données sur la pêche, ainsi que le suivi, le contrôle et la surveillance des océans. Il a également reconnu les bons résultats des projets durables à petite échelle au niveau local, qui doivent maintenant être répliqués à l’ensemble de l’Afrique.

Il a déclaré : « Pour l’Union européenne, nous sommes à un moment critique pour tirer le meilleur parti de ce programme, en tirant les leçons de ces dernières années, en nous concentrant ensemble sur des actions stratégiques et en préparant concrètement la durabilité du programme ».

Mme Alice N’Diaye, de la COI, a quant à elle fait un état des lieux des actions et des contributions du programme Ecofish, notamment en ce qui concerne la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) à travers le plan régional de surveillance des pêches (PRSP). Elle a souligné la reconnaissance et la réaffirmation par les États membres de leur engagement à soutenir le PRSP, tel qu’il a été exprimé lors du 5e sommet de la COI en avril dernier et à la suite des recommandations formulées lors de la 3e conférence ministérielle qui s’est tenue aux Seychelles en février. L’accent sera également mis sur la consolidation, le maintien et le transfert stratégique des initiatives du programme afin de renforcer l’appropriation régionale et continentale et de préserver cet héritage commun.

Le programme ECOFISH

ECOFISH est une initiative interrégionale financée par le 11ème FED, qui tire parti de la collaboration et de la coopération régionales pour améliorer la gestion durable des ressources halieutiques continentales et marines et contribuer à l’économie bleue de la région de l’Afrique de l’Est, de l’Afrique australe et de l’océan Indien (EA-SA-IO).

Le programme est promu et géré par la délégation de l’UE à Maurice et mis en œuvre par le Secrétariat de la COI, en partenariat avec quatre communautés économiques régionales (CER) africaines – COMESA, EAC, IGAD et SADC – et deux organismes de gestion des pêches des Grands Lacs : l’Organisation des pêches du lac Victoria (LVFO) et l’Autorité du lac Tanganyika (LTA).

ECOFISH assure une collaboration transparente avec d’autres agences thématiques et stratégiques régionales, telles que l’UA-BIRA, l’AUDA-NEPAD, le PNUE-NC, la FAO, les pêcheries concurrentes et les projets connexes afin de créer une dynamique de changement dans les secteurs de la pêche et de l’économie bleue de la région.

Le programme E€OFISH

Le programme E€OFISH, lancé en 2018, vise à renforcer la gestion et le développement durables des pêches afin de contribuer à la réduction de la pauvreté, à la sécurité alimentaire et nutritionnelle tout en tenant compte de la résilience au changement climatique et en améliorant la biodiversité marine.

Le programme dessert dix-huit pays insulaires, côtiers et enclavés de la région ESA-SA-IO par le biais de cinq plans de travail synergiques.

Les plans de travail 1 et 2 sont inclus dans les pêcheries partagées des deux Grands Lacs africains : LTA et LVFO qui sont deux organisations régionales de gestion des pêches continentales liées institutionnellement aux pays d’Afrique de l’Est (EAC).

Le plan de travail 3 concerne les pêcheries marines de la région EA-SA-IO, que le Secrétariat de la COI met en œuvre par l’intermédiaire d’une Unité de gestion intégrée des projets (IPMU). Il s’agit d’un plan de travail à multiples facettes qui englobe toutes les actions stratégiques mandatées du programme E€OFISH. Il inclut également le Programme régional de surveillance des pêches de la COI, communément appelé « PRSP », qui renforce le suivi, le contrôle et la surveillance de la pêche INN.

Le plan de travail 4 est lié au résultat 3 qui démontre l’existence de chaînes de valeur intégrées et durables dans le domaine de la petite pêche continentale et marine au niveau communautaire. 9 projets de démonstration (3 dans l’EA, 4 dans l’AS et 2 dans la région IO) sont concernés. Ce plan de travail est directement géré par la déléguation européenne de Maurice.

Le plan de travail 5 comprend la gestion directe et les composantes transversales telles que l’assistance technique et la fourniture d’évaluations externes et d’audits.

Le programme vise à renforcer la gouvernance de la pêche, à promouvoir l’utilisation durable des ressources et à améliorer les moyens de subsistance par le biais d’une approche harmonisée et inclusive.

Ecofish promeut la région EA-SA-IO en tant que fer de lance d’une collaboration et d’une coopération efficaces, afin d’ancrer un développement durable fondé sur les résultats et sur la gestion des ressources halieutiques marines et d’élevage ainsi que les systèmes aquatiques. Cette approche contribue aux objectifs politiques, sociaux, économiques et écologiques de l’Agenda 2063 de l’Afrique.