Un héritage de connaissances et de coopération régionale pour la durabilité des pêches.
Maurice – 8 septembre 2025 – La 7ème et dernière réunion du Comité de pilotage du programme ECOFISH s'est tenue le 8 septembre à Maurice, rassemblant les Communautés économiques régionales, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les partenaires de mise en oeuvre.
Bilan et réalisations
Au cours de cette session finale, les partenaires ont présenté les réalisations consolidées des cinq plans de travail et des activités transversales du programme. Les résultats comprennent :
- des avancées concrètes en matière de gestion durable des pêches et de gouvernance régionale,
- le renforcement des capacités institutionnelles et des partenariats,
- l'amélioration des moyens de subsistance des communautés de pêche,
- et l'émergence de projets pilotes et d'innovations avec potentiel de réplication.
Enseignements et défis
Les discussions ont permis de partager les leçons apprises au cours de la mise en œuvre, notamment l'importance de l'appropriation par les parties prenantes, la valeur de la coopération régionale et la nécessité de mécanismes de continuité au-delà de la clôture du programme. Des défis techniques, administratifs et logistiques ont également été examinés, ainsi que des perspectives d'intégration des acquis dans les cadres nationaux et régionaux.
Un héritage partagé
Marc Maminiaina, Chargé de Mission à la Commission de l'océan Indien (COI), qui a assuré la présidence du COPIL, a souligné que le programme ECOFISH, lancé en 2019, a jeté les bases d'une gouvernance régionale cohérente et durable des pêches. Il a mis en avant des avancées concrètes comme le système statistique régional sur la contribution des pêches aux économies, un réseau climatique pour anticiper les impacts sur la pêche, et la relance du Programme régional de surveillance des pêches. Il a rappelé l'investissement de près de 8 millions d'euros dans neuf projets communautaires pilotes, transformant les moyens de subsistance des pêcheurs.
« L'avenir de la pêche en Afrique ne se construira pas par la seule addition d'initiatives isolées. Il exige une vision partagée, un engagement collectif et une gouvernance concertée. ECOFISH en est la démonstration concrète. À l'heure de la clôture, notre responsabilité est claire : consolider les acquis, assurer leur durabilité et renforcer leur intégration institutionnelle. Il nous appartient de faire d'ECOFISH un catalyseur d'un système de gouvernance halieutique cohérent, coordonné, et résolument tourné vers l'avenir. »
De son côté, José Maria Troncoso Perera, le Chef de Coopération de l'Union Européenne (UE), à Maurice, partenaire financier du programme, a rappelé qu'ECOFISH, financé depuis 2018, incarne l'engagement européen pour la durabilité des océans et lacs, en alliant science, coopération et actions sur le terrain. Il a insisté sur l'importance de capitaliser les résultats et d'assurer la pérennité des acquis, en veillant à ce que chaque euro dépensé soit justifié.
« L'un des fondements de notre action collective est la coopération. Les ressources maritimes ne connaissent pas de frontières et, comme nous le savons, la pêche et la gestion des écosystèmes marins sont des défis transnationaux. Notre attente pour la réunion de ce dernier COPIL est de nous assurer que les résultats du programme ECOFISH aient un impact durable, tant sur le plan environnemental que socio-économique. ».
Les représentants de l'AU-IBAR et du Lac Tanganyka respectivement ont salué le travail abattu durant ces dernières années par le programme.
Prochaines étapes
Les partenaires d'ECOFISH ont appelé à une feuille de route claire pour renforcer la gouvernance régionale des pêches. Ils recommandent de confier aux Communautés économiques régionales (CER) la coordination politique, tandis que les Organisations régionales de pêche (ORP) se concentreraient sur les volets techniques. La cogestion et les réformes basées sur les droits d'usage doivent être mises en œuvre afin de donner plus de pouvoir aux acteurs locaux. Un Fonds fiduciaire ESA, piloté par les CER, est proposé pour assurer un financement durable. Enfin, les participants ont insisté sur la nécessité d'étendre à l'échelle régionale les plateformes phares développées par ECOFISH – telles que BEFSA, FIMS et FPT-CP ; et de privilégier une programmation flexible, modulaire et axée sur les résultats pour maximiser l'impact
La réunion a adopté cette série de recommandations et validé la stratégie de sortie d'ECOFISH, garantissant la continuité des acquis et leur intégration dans les cadres nationaux, régionaux et continentaux.
LEXIQUES :
- BEFSA – Blue Economy Fisheries Satellite Account
→ C'est un outil comptable et statistique qui mesure la contribution réelle du secteur des pêches et de l'aquaculture à l'économie bleue dans un pays.
Il s'agit d'un compte satellite qui complète les comptes nationaux traditionnels, en intégrant la valeur économique des activités liées aux pêches (production, transformation, distribution, emploi, etc.) dans les statistiques officielles.
- FIMS – Fisheries Information Management System
→ Un système régional de gestion de l'information sur les pêches.
Il permet la collecte, l'harmonisation et l'analyse en temps réel des données halieutiques, afin de soutenir la prise de décision, le suivi et la gestion durable des ressources.
- FPT-CP – Fisheries Projects Tracker – Coordination Platform
→ Un outil de suivi et de coordination des projets liés aux pêches.
Il recense et suit les initiatives mises en œuvre par les Communautés économiques régionales (CER), les Organisations régionales de pêche (ORP) et les partenaires techniques et financiers, afin d'éviter les chevauchements et d'améliorer la synergie entre les actions.
BEFSA permet de chiffrer le poids économique des pêches dans l'économie bleue et d'éclairer les décisions politiques et budgétaires.
FIMS = données & information, FPT-CP = suivi des projets & coordination.











