Djibouti, 3–4 juillet 2025
Un atelier de validation de l’étude sur l’impact économique et financier de la pêche artisanale s’est tenu à Djibouti, réunissant experts du ministère de la Pêche, opérateurs économiques, ONG et coopératives de pêche. L’événement, organisé par la Commission de l’océan Indien (COI) en collaboration avec le ministère de la Pêche de Djibouti, s’inscrit dans le cadre du programme ECOFISH, financé par l’Union européenne.
L’objectif principal était de mieux comprendre la contribution économique des chaînes de valeur de la pêche artisanale à l’économie nationale et locale — en termes de valeur ajoutée, d’emploi et de génération de revenus — tout en évaluant la durabilité de l’exploitation des ressources halieutiques : impact sur les stocks de poissons, écosystèmes marins et potentiel de croissance bleue.
Des recommandations concrètes pour une pêche durable à Djibouti
Selon Marc Maminiaina, Chargé de mission à la COI, ces deux journées d’échange avec l’ensemble des parties prenantes ont permis de formuler des recommandations concrètes, destinées à être intégrées dans la politique nationale de la pêche. L’objectif est double : renforcer la sécurité alimentaire des communautés de pêcheurs et accroître la contribution du secteur au PIB national.
« La COI, à travers le programme ECOFISH, espère que les recommandations issues de cet atelier seront pleinement intégrées dans les orientations nationales, afin de valoriser durablement le potentiel de la pêche artisanale à Djibouti », a-t-il affirmé.
De son côté, le Dr Soobachand Swenarain, coordinateur technique du programme ECOFISH, a souligné que cette étude a permis de dresser un état des lieux clair du secteur : sa contribution au PIB, les emplois créés et les recettes générées. Des pistes ont été identifiées pour améliorer ces indicateurs à travers des mécanismes de mobilisation de ressources, et ainsi transformer la pêche artisanale en pilier de l’économie bleue djiboutienne.
« Avec peu de moyens, nous pensons que ces recommandations auront un impact réel et durable sur la petite pêche à Djibouti », a-t-il déclaré.
Un potentiel halieutique à mieux valoriser
La zone économique exclusive (ZEE) djiboutienne couvre environ 7 190 km², avec un littoral de 372 km et un plateau continental de 2 492 km², particulièrement étendu au nord (Obock) et au sud (frontière somalienne). La biomasse totale disponible est estimée à 102 000 tonnes, dont environ 47 600 tonnes pourraient être exploitées de manière durable chaque année.
Aujourd’hui, environ 600 pêcheurs artisanaux sont actifs dans le pays, organisés en cinq associations ou coopératives. Cela témoigne d’un secteur encore sous-exploité, mais porteur de fortes perspectives de développement, à condition de renforcer les cadres politiques, financiers et institutionnels autour de la pêche artisanale.











